DÉFENSE PERSONNELLE

L'important est de progresser, chacun à son rythme, par rapport à soi et non pas par rapport aux autres.  Taiji Kase

Accueil

Si vous êtes réellement intéressé par les arts martiaux pour vous défendre, choisissez-en plutôt un spécialement destiné à cet effet, comme le krav maga, l'hapkido, l'aïkido, le jiu-jitsu brésilien, le jeet-kune do ou le muay-thai. Les sports basés sur le karaté traditionnel, le kickboxing et le taekwondo mettent plutôt l'accent sur la compétition en situation debout, et lorsqu'il s'agit d'un combat qui se termine au sol, ce qui arrive bien souvent, vous ne pourrez hélas pas faire grand-chose, ou rien du tout, pour vous défendre...

Le code pénal français clarifie les conditions d’applications de la légitime autodéfense :

Art. 122-5. N’est pas pénalement responsable la personne qui, devant une atteinte injustifiée envers elle-même ou autrui, accomplit, dans le même temps, un acte commandé par la nécessité de la légitime défense d’elle-même ou d’autrui, sauf s’il y a disproportion entre les moyens de défense employés et la gravité de l’atteinte.

N’est pas pénalement responsable la personne qui, pour interrompre l’exécution d’un crime ou d’un délit contre un bien, accomplit un acte de défense, autre qu’un homicide volontaire, lorsque cet acte est strictement nécessaire au but poursuivi dès lors que les moyens employés sont proportionnés à la gravité de l’infraction.

Art. 122-6. Est présumé avoir agit en état de légitime défense celui qui accomplit l’acte :

1. Pour repousser, de nuit, l’entrée par effraction, violence ou ruse dans un lieu habité

2. Pour se défendre contre les auteurs de vols ou de pillages exécutés avec violence.

L’agression ou attaque doit être injustifiée, c’est-à-dire illégale pour l’agressé. Elle doit également être actuelle, c’est-à-dire qu’il s’agit de la menace d’un péril imminent et non passé La riposte se doit d’être la seule issue (nécessité de la légitime autodéfense) et doit succéder directement après l’attaque. De plus, et c’est la condition la plus importante, Il ne doit pas y avoir une disproportion de la riposte par rapport à l’attaque.

Les conseils

Tout d'abord, éviter les situations dangereuses. Le problème est de trouver l'équilibre entre l'inquiétude inutile et l'insouciance rendant vulnérable ; par ailleurs, certains quartiers ont une mauvaise réputation sans qu'il soit dangereux de s'y promener, et l'on peut se faire agresser en plein jour dans un "beau quartier". Quoi qu'il en soit, l'attitude peut en elle-même encourager ou dissuader l'agression :

  1. rester courtois et ne pas répondre aux provocations, et lorsque l'on est face à une personne énervée, laisser passer l'orage sans chercher à avoir raison ;

  2. pour un piéton, choisir sa position par rapport à la chaussée : à l'arrêt, être adossé à un mur pour ne pas se faire agresser (ou voler son téléphone portable, ou son portefeuille) par derrière ;

  3. marcher en sens inverse de la circulation en tenant les objets volables côté immeubles, pour éviter les vols à l'arrachée par deux roues ;

  4. pour l'automobiliste en zone urbaine, rester courtois, verrouiller les portières et éviter de descendre du véhicule en cas d'agression extérieure ;

  5. évidemment, éviter de s'aventurer la nuit dans des zones mal éclairées et mal fréquentées…

L'allure et la démarche, le langage corporel, peuvent trahir la peur et le manque d'assurance, et faire croire à une victime facile. Pour dégager des signaux dissuasifs, on peut marcher d'un pas assuré en balançant bien les bras, la tête et le regard haut. En croisant des individus « douteux », ne pas rechercher le contact visuel, mais s'il se produit, ne pas baisser les yeux (indice de peur et de soumission), mais les détourner horizontalement (signal neutre).

Lorsque l'affrontement a lieu. Si l'agresseur est armé d'une arme à feu ou d'une arme blanche:

  1. La seule attitude raisonnable face à un agresseur armé est d'obéir à l'agresseur. En effet, la plupart du temps, l'agresseur montre son arme pour obtenir quelque chose (argent, objet de valeur, viol), il n'a pas l'intention de se servir de son arme, celle-ci sert à faire peur. Obéir aux injonctions de l'agresseur permet en général de s'en sortir indemne. Comprenez bien que si vous voyez l'arme, il est probable que l'agresseur n'ait pas l'intention de tirer sans plus, l'agresseur veut quelque chose.

  2. Les recommandations sont en général d'obéir et montrant que l'on a compris, en laissant ses mains apparentes, en faisant des gestes calmes et non ambigus. Le fait de satisfaire l'agresseur va par ailleurs faire baisser la tension nerveuse, il sera d'autant moins enclin à passer à l'acte, alors qu'une résistance pourrait au contraire l'énerver.

  3. La fuite est préférable à l'affrontement. Même en cas d'affrontement non armé, il y a toujours un risque d'être blessé ou de mourir, par exemple en raison d'un choc sur la tête, d'une chute, d'un bris de verre. Vous ne devez vous battre que lorsque votre vie ou celle de vos proches est en danger.

  4. Si vous ne pouvez pas fuir, cherchez à vous dégager en utilisant les objets à proximité comme bouclier ou arme improvisée, comme une chaise ou un vêtement enroulé autour du bras. On peut se laisser soumettre dans un premier temps, ce qui permet d'analyser la situation, de retrouver son calme et de récupérer des coups que l'on a pu prendre ; puis fuir en criant très fort.

Lorsque l'affrontement a lieu, si l'agresseur n'est pas armé d'une arme à feu.

  1. La distance de sécurité : si l'on réussit à maintenir une distance minimale de1 bras et idéalement de 2 mètres, cela permet d'avoir le temps de réagir aux coups. Par ailleurs, plus l'adversaire a de distance à parcourir pour toucher, plus il va se mettre en situation de déséquilibre. La gestion de la distance en situation de stress nécessite cependant un entraînement qui ne s'obtient pas en une fin de semaine de formation en autodéfense.

  2. Votre première arme reste le poing. Serrez les doigts contre la paume sans laisser de vide et verrouillez le pouce par dessus pour éviter toutes blessures. Maintenez le poing dans le prolongement de l’avant-bras en gardant votre poignet bien ferme. Frappez directement avec les racines des articulations de l’indexe et du majeur, ou circulairement avec le dos du poing comme un revers.

  3. Le coup de genou est facile à mettre en œuvre et fait preuve d’une grande efficacité. Il consiste simplement à lever le genou. Visez préférentiellement le bas ventre.

  4. Si l'on décide de donner des coups de pieds,  on se contente de coups bas , si possible dans les parties génitales, sinon viser les chevilles, tibias, genoux.

  5. Obtenir de l'aide, par exemple en criant pour prévenir. Personnellement, j'ai un sifflet sur mon porte-clés ainsi qu'un Yoogo.

  6. La configuration des lieux : ne pas se retrouver coincé sans espoir de fuite ; ceci est en particulier compliqué s'il y a plusieurs agresseurs qui risquent de vous encercler. Sans verser dans la paranoia, il est important de savoir par ou on peut fuir, exactement de la même façon que l'on planifie la sortie d'un batiment en cas d'incendie.

  Yoogo, le nouveau porte-clés d’auto-défense