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“Le karate-dō
est une philosophie,
une attitude
devant, et un regard sur la vie et
le monde…”
Shomen Gichin
Funakoshi
(1868-1957)
Un Homme de la Voie
Funakoshi
était un homme humble, il a toujours prôné et pratiqué une
humilité essentielle.
Cultivé et de surcroît poète, éducateur né et fin
psychologue. Sensible au code moral
de ses ancêtres il observera rigoureusement les interdits
d'autrefois, et considérera aux vues de ces principes que
le Samouraï se doit en toute occasion de renvoyer une
apparence impeccable. Chaque matin, après une toilette qui
durait une heure, le Maître se
prosternait dans un profond respect vers le Palais
Impérial , et accomplissait le même cérémonial en se tournant
vers Okinawa avant de prendre son thé du matin. Okinawa est
d'ailleurs considérée comme le pays ou toutes les formes
d'étiquettes sont les plus strictement respectées. La
fameuse porte frontale à l'ouest du Château de Shuri
(photo en bas à gauche) est appelée Shurei-no-Mon
(photo à
droite), la porte de la courtoisie.
Malgré sa sincérité en enseignant l'art du Karate-dō,
Funakoshi n'était pas sans ses détracteurs. Ses critiques
ont dédaigné son insistance sur la pratique des katas, et
dénigraient ce qu'ils ont appelé le karate doux. À
cette époque, le développement du karate se faisait
à la faveur de l'ascension de la classe militaire nippone.
Funakoshi sut comment
captiver le public japonais ; il ne démontra pas seulement
kata et formes de base, mais il enthousiasma l' assistance
en mettant l'efficacité démontrée en étroite relation avec
les explications claires et scientifiques des techniques
utilisées. Le style Funakoshi était vraiment différent de
ce qu' en attendait la majorité des jeunes Japonais; son but était de former l 'homme plutôt que le guerrier.
Funakoshi disait souvent ; quelle est l'utilité d' un
homme fort mais sans philosophie ? Sa méthode
d"enseignement était très scolaire, avec une progression
claire et établie qui correspondait bien à l' esprit
logique des Japonais. C' est en 1926 qu' il adopta, comme
Kano Jigoro au Ju dō,
le système de graduation des élèves par Dan.
Un étudiant lui a une fois
demandé quelle était la différence entre un homme de Tao et un Petit
Homme?" Le Maître répondit ;c'est simple. Quand le petit homme reçoit
son premier dan , il peut à peine attendre pour courir la maison et
pour crier d'une voix forte à chacun qu'il a fait son premier
dan. Lors de la réception de son deuxième dan, il montera sur le toit
pour le crier à tous. Lors de l'obtention de son troisième dan, il
sautera dans son automobile et défilera partout en ville en
klaxonnant, débitant tout au sujet de son troisième dan.
Le Maître continua,
quand l'homme de Tao reçoit son premier dan, il saluera de la tête
dans la gratitude. Lors de la réception de son deuxième dan, il
courbera la tête et les épaules. Lors de la remise de son troisième
dan, il se courbera à la taille et marchera tranquillement le long du
mur de sorte que les gens ne le voient pas ou ne le remarquent pas .
Funakoshi était un
Homme de Tao. Il n'a jamais mis aucune emphase sur les compétitions, les
records ou les championnats. Il a mis l'accent sur le
perfectionnement individuel. Il croyait en l'harmonie et le
respect que tout être humain doit à son prochain. Son message qu'
il avait amené d' Okinawa; une philosophie et une règle de vie,
une Voie (Do en japonais, Tao en chinois) d'existence et de
perfection de l' homme en quête de lui-même. Il mourra le 26
avril 1957,à l'âge de 88 ans. Quelques
jours avant sa mort il fabriquait encore de ses mains un makiwara,
sur lequel il comptait s’entraîner. Il l’essaya devant deux ou
trois de ses disciples. Fidèle à son habitude, il demeurait très
droit, l’épaule dénudée et chaussé de getas, des sandales en bois
à hauts talons. À chacune de ses frappes, le makiwara touchait le
mur provoquant un sourd ébranlement dans tout le bâtiment. On
raconte qu'il fit encore quelques mouvements de bras, sur son lit
de mort; " C’est étrange, ce matin je sens réellement tsuki (le
poing). Un poing, une vie... ! ". Quelques heures plus tard il
perdit connaissance et mourut paisiblement.
Shomen Funakoshi alla rejoindre sa femme, souhaitons le en un
monde où le vent souffle doucement sur les aiguilles des branches
de pin. Il
a vécu en paix avec lui-même et ses proches.
C’est en rappel de ce fait et pour lui rendre un dernier hommage
que toutes les versions de son dernier ouvrage "Karatedō Kyōhan"
comportent une annexe sur la fabrication du makiwara... Mais il
est probable que Funakoshi aurait préféré l’un de ses derniers
poèmes signé Shoto...
" Les pins bleus ondulent
lentement sous la brise...
La porte de la maison mène à l’autel des ancêtres...
Ils m’attendent désormais sur l’île...
Où le poing serré est symbole de la Paix..."
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Voici
la stèle dédiée à Maître Funakoshi, elle a été érigé en 1968 dans le temple
Zen Enkakuji situé à Kamakura . Ses cendres ont été ramenées à Okinawa.
La
calligraphie de gauche est d' Asahina Sogen,
le prêtre du temple. Celle
de
droite est de Funakoshi et se lit ainsi;
"Karate ni sente nashi"
En karaté, l'initiative est
sans avantage |
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