FUNAKOSHI GICHIN UN HOMME DE LA VOIE

Personne ne peut atteindre la perfection en Karate-do sans avoir compris qu'il s'agit par-dessus tout, d'une foi, d'une voie. Shomen Gichin Funakoshi

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Un Homme de la Voie. Funakoshi était un homme humble, il a toujours prôné et pratiqué une humilité essentielle. Cultivé et de surcroît poète, éducateur né et fin psychologue. Sensible au  code moral de ses ancêtres il observera rigoureusement les interdits d'autrefois, et considérera aux vues de ces principes que le Samouraï se doit en toute occasion de renvoyer une apparence impeccable. Chaque matin, après une toilette qui durait une heure, le Maître se prosternait dans un profond respect vers le Palais Impérial , et accomplissait le même cérémonial en se tournant vers Okinawa avant de prendre son thé du matin. Okinawa est d'ailleurs considérée comme le pays ou toutes les formes d'étiquettes sont les plus strictement respectées. La fameuse porte frontale à l'ouest du Château de Shuri (photo en bas à gauche) est appelée Shurei-no-Mon (photo à droite), la porte de la courtoisie. Malgré sa sincérité en enseignant l'art du Karate-dō, Funakoshi n'était pas sans ses détracteurs. Ses critiques ont dédaigné son insistance sur la pratique des katas, et dénigraient ce qu'ils ont appelé le karate doux. À cette époque, le développement du karate se faisait à la faveur de l'ascension de la classe militaire nippone.

Funakoshi sut comment captiver le public japonais ; il ne démontra pas seulement kata et formes de base, mais il enthousiasma l'assistance en mettant l'efficacité démontrée en étroite relation avec les explications claires et scientifiques des techniques utilisées. Le style Funakoshi était vraiment différent de ce qu' en attendait la majorité des jeunes Japonais; son but était de former l 'homme plutôt que le guerrier.

Funakoshi disait souvent ; Quelle est l'utilité d' un homme fort, mais sans philosophie ? Sa méthode d"enseignement était très scolaire, avec une progression claire et établie qui correspondait bien à l' esprit logique des Japonais. C' est en 1926 qu' il adopta, comme Kano Jigoro au Ju, le système de graduation des élèves par Dan.

Un étudiant lui a une fois demandé quelle était la différence entre un homme de Tao et un Petit Homme?" Le Maître répondit ;c'est simple. Quand le petit homme reçoit son premier Dan , il peut à peine attendre pour courir la maison et pour crier d'une voix forte à chacun qu'il a fait son premier Dan. Lors de la réception de son deuxième Dan, il montera sur le toit pour le crier à tous. Lors de l'obtention de son troisième Dan, il sautera dans son automobile et défilera partout en ville en klaxonnant, débitant tout au sujet de son troisième Dan.

Le Maître continua, quand l'homme de Tao reçoit son premier Dan, il saluera de la tête dans la gratitude. Lors de la réception de son deuxième Dan, il courbera la tête et les épaules. Lors de la remise de son troisième Dan, il se courbera à la taille et marchera tranquillement le long du mur de sorte que les gens ne le voient pas ou ne le remarquent pas .

Funakoshi était un Homme de Tao. Il n'a jamais mis aucune emphase sur les compétitions, les records ou les championnats. Il a mis l'accent sur le perfectionnement individuel. Il croyait en l'harmonie et le respect que tout être humain doit à son prochain. Son message qu' il avait amené d' Okinawa; une philosophie et une règle de vie, une Voie (Do en japonais, Tao en chinois) d'existence et de perfection de l' homme en quête de lui-même. Il mourra le 26 avril 1957,à l'âge de 88 ans. Quelques jours avant sa mort il fabriquait encore de ses mains un makiwara, sur lequel il comptait s’entraîner. Il l’essaya devant deux ou trois de ses disciples. Fidèle à son habitude, il demeurait très droit, l’épaule dénudée et chaussé de getas, des sandales en bois à hauts talons. À chacune de ses frappes, le makiwara touchait le mur provoquant un sourd ébranlement dans tout le bâtiment. On raconte qu'il fit encore quelques mouvements de bras, sur son lit de mort; " C’est étrange, ce matin je sens réellement tsuki (le poing). Un poing, une vie... ! ". Quelques heures plus tard il perdit connaissance et mourut paisiblement. Shomen Funakoshi alla rejoindre sa femme, souhaitons le en un monde où le vent souffle doucement sur les aiguilles des branches de pin.

C’est en rappel de ce fait, et pour lui rendre un dernier hommage que toutes les versions de son dernier ouvrage "Karatedō Kyōhan" comportent une annexe sur la fabrication du makiwara. Mais il est probable que Gichin Funakoshi aurait préféré l’un de ses derniers poèmes signé Shoto...

" Les pins bleus ondulent lentement sous la brise...
 La porte de la maison mène à l’autel des ancêtres...
Ils m’attendent désormais sur l’île...
Où le poing serré est symbole de la Paix..."

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