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Le combat, est le
test de vérité du karaté. Il en est la manifestation la plus
évidente. C'est le moment où deux désirs de vaincre,
deux esprits et deux corps s'affrontent dans un match où rien
n'est fixé d'avance. Tout
est permis en combat libre ; les techniques de karaté, bien
entendu, mais aussi les feintes, les ruses, le kiaï. C'est le
test ultime de l'esprit alerte qui doit rester à la
fois calme comme l'eau de la surface d'un étang, mais prête à
s'infiltrer dans la moindre ouverture. C'est un des buts philosophiques de
cet art martial que de parvenir à maîtriser son esprit dans cet
élément. L'esprit doit demeurer concentré, prêt à saisir toute
occasion, la fraction de seconde de déconcentration dans le
regard de l'adversaire, le changement de distance, l'erreur de
«timing», etc. Le combat est l'aboutissement de tous les
efforts investis dans la technique au dojo et le test de
l'efficacité réelle du karaté. Évidemment, en Shotokan,
tous les coups sont contrôlés et réglementés afin de ne pas
blesser l'adversaire.
Bien sûr,
nous ne sommes pas tous destinés à devenir champions de compétition,
mais le kumite doit être pratiqué par tous les karatékas,
sinon le karaté se réduit à un exercice vide de sens. Pour
accéder au grade de ceinture noire, il faut avoir essayé au
moins une fois un affrontement arbitré sur le tatamis,et
constater que même si on maîtrise bien toutes les techniques,
le combat c'est autre chose...
Il est évident qu'on ne s'improvise pas compétiteur du jour au
lendemain. Cela demande une progression bien établie. C'est le rôle des
combats conventionnels : ils forment les réflexes du
pratiquant,
bâtissent son sens de la distance, lui enseignent le
«timing», le sens du moment où tout doit se jouer. Les combats
aiguisent les réflexes de
défenses et de contre-attaque. Ils construisent,
peu à peu, l'esprit calme mais alerte qui caractérise un bon karatéka.
Les assauts conventionnels (kihon kumite) se
pratiquaient déjà à l'époque du To de d'Okinawa et se
pratiquent toujours aujourd'hui. Le combat libre (jiu kumite)
et la compétition (shiai; moyen de se tester), par contre, sont des inventions
beaucoup plus récentes : ils ne sont apparus qu'aux environs
de la seconde guerre mondiale. Ils furent d'ailleurs à
l'origine de plusieurs scissions entre les écoles de karaté,
et le sont encore, aujourd'hui.
Au début du shiai,
deux pratiquants se faisaient face . Tori attaquait avec toute
sa puissance, ukete bloquait de la même manière, le vainqueur
était celui qui restait "entier". Il n'y avait pas de règles
mais l'affrontement se faisait en respectant des coutumes.
Puis dans les années 50, les écoles universitaires Japonaises
de karaté créèrent les premières règles de compétition, le
système précédent se terminant trop souvent par des blessures.
Par la suite avec
la Nihon Kohai Karate(JKA), les combattants ne s'affrontaient
qu'après avoir démontré un bon style et une bonne connaissance
des katas. Dès lors, on assistait à des combats d'un haut
niveau technique, sans protection et avec un contrôle absolu
au niveau jodan.
Kumite
de base
Sanbon-kumite, l'attaque sur trois
pas
Sanbon kumite est
la première introduction au combat dans notre club, elle
permet à la ceinture blanche ou jaune d'apprivoiser le
contrôle, la notion de distance, la synchronisation, le centre
d'équilibre, la respiration.
Il oppose deux partenaires, l'un
attaquant et l'autre défendant puis contre-attaquant après
la troisième attaque. Elles se pratiquent toutes en zen-kutsu-dachi. Trois attaques à
trois niveaux sur trois pas, annoncées. Les trois attaques
sont oi zuki jodan, oi zuki chudan, puis un mae geri chudan. Le défendant contre-attaque
au dernier mouvement.
Les trois attaques se font en
avançant, il s'agit de la même attaque au niveau qui a été
défini par l'instructeur au préalable ;soit niveau chudan
c'est à dire au dessus de l'estomac, soit niveau jodan,
c'est à dire au visage. Pour les débutants, les trois
attaques / blocages sont réalisées suite au compte du
professeur. Par la suite les trois attaques se font sans
compte tout en respectant l'attaque et le niveau indiqués
par le professeur, il n'y pas d'autres indications que "hajime"
pour débuter et "yame" pour stopper.
Ippon-kumite, l'attaque sur un pas
Ippon kumite est
également une forme de base pour les combats. Ippon kumite est
sensiblement identique au sanbon kumite sauf que l'attaquant
effectue une seule technique en avançant sur un pas et donc la
contre-attaque est réalisée par le défenseur après le blocage.
L'attaque est
faite en partant de la position "zenkutsu-dachi" (fente avant)
tandis que le défenseur reste en position "yoï" (attente). Une seule attaque,
annoncée. Le défendant bloque, puis contre-attaque. Il en
existe plusieurs formes, nous pratiquons surtout oi-zuki judan
et chudan, ainsi que mae-geri chudan.
Jiu-ippon-kumite, le combat
semi-libre
Jiyu-ippon kumite
peut être considéré comme une introduction au combat libre
mais il s'agit surtout d'un affrontement où l'attaquant n'a
qu'une seule chance d'atteindre son adversaire avec l'attaque
annoncée; l'attaquant nomme la technique et le niveau jodan ou
chudan. Le défenseur doit bloquer en esquivant l'attaque puis
contre-attaquer avant la fin du mouvement.
Combat sur une seule attaque annoncée. Ici, la position
est plus naturelle; on attend et donne l'attaque en fudo-dachi,
on ne parle plus de position yoi et zenkutsu-dachi comme lors
du ippon-kumite. L'attaque est connue du défendant, mais
l'attaquant commence à distraire ukete par des changements de
«timing», des fausses attaques, feintes légères afin de rendre
sa lancée aussi imprévisible que possible. Ukete, lui, doit
demeurer calme et ne réagir qu'à la véritable
attaque. Ce genre de combat développe les réflexes, le sens de
l'opportunité, de la distance, du «timing», le zanchin, le
contrôle.
Jiu kumite et Shiai

Le combat libre (jiu-kumite)
et la compétition (shiai), par contre, sont des inventions
beaucoup plus récentes : ils ne sont apparus qu'aux environs
de la Seconde Guerre mondiale. Ils furent d'ailleurs à
l'origine de plusieurs scissions entre les écoles de karaté,
et le sont encore, aujourd'hui. Gichin Funakoshi n'était pas
en accord avec cette forme de pratique.
Le jiyu kumite
peut être considéré comme le jeu du chat et de la souris où
deux adversaires s'affrontent. Dans ce cas, chaque partenaire
attaque quand et comme il le souhaite ;une seule attaque, un
enchaînement.
Le
shiai ou combat en assauts libres. C'est à cette
occasion que l'on essaie de placer les techniques apprises et
préparées plus tôt. On essaie d'élaborer une tactique
d'attaque et de défense que l'on perfectionne à cette
occasion. Les coups sont appuyés, mais non portés de toutes
nos forces. Le but est de travailler la précision et
l'efficacité, et non la force brute. Dans un aire de
compétition de karaté, les coups sont réglementés. Un arbitre
et trois juges évaluent les techniques des compétiteurs. La
volonté de remporter la victoire et de tester ses habiletés
remplacent la notion de frapper pour se défendre. Les coups en
bas de la ceinture sont interdits et le contact au visage doit
être contrôlé. Le combat de compétition se pratique, pour le
karaté non contact, avec un protecteur buccal, des gants
rembourrés, des protège-tibias, une coquille pour les hommes
et des protège seins pour les femmes. Toutes les techniques
sont permises à la condition d'être contrôlées : atemis,
blocages, coup de pieds, coups de poing, balayages, feintes,
etc.
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