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J'entends et j'oublie, je
vois et je me souviens, je fais et je comprends.
Confucius
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Le Nijukun consiste en 20
préceptes
laissés par Maître Gichin Funakoshi à ses étudiants, pour s'
améliorer à travers la pratique du
Karate-dō.
En faisant ceci, il répétait ce que son Maître
Ankoh Itosu avait fait en nous laissant ses ''10 enseignements'', et
une coutume des maîtres de ken-jutsu (technique du sabre) qui ont laissé
des écrits sur les principes de leur enseignement. Les maximes de Funakoshi
sont d'ailleurs très proches dans leur style, à certains de ces écrits de ken-jutsu. Tsutomu
Ohshima, un élève de Funakoshi, nous raconte que: '' Funakoshi ne
cherchait pas d' explications métaphysiques pour tout. Il était très
pratique, et a été influencé par les enseignements de Confucius qui n'ont
jamais parlé de grands mystères ou de questions spirituelles. Funakoshi,
comme Confucius, était plus intéressé par la réalité, les idées et les
événements.''
Ainsi les préceptes couvrent non seulement une vue plus large de Funakoshi
au sujet du karaté, sa base sociale et morale fondamentale, mais donnent
aussi un avis sur des principes techniques, des principes d'autodéfense, et
sur la façon d' intégrer le karaté dans la vie quotidienne.
On perçoit bien l'influence du confucianisme,
du taoïsme, et la philosophie Zen. Le
confucianisme met toute ses ressources au service de la société et de
l'amélioration de celle-ci. Le taoïsme consiste à influencer le cours des
choses par la puissance d'éveil, plutôt que l'activité pratique. Le zen est
une attitude et un comportement en dehors des voies religieuses connues,
avec une notion de gratuité dans la démarche et de détachement des réalités
superficielles en proposant d'aller au fond des être et des choses. On peut
aussi percevoir une influence du Hagakure, le livre des samouraïs.
Le Hagakure, qui fut écrit au début du XVIIIe
siècle, rassemble des préceptes, leçons et épisodes historiques liés à la
voie du samouraï. Ce livre fut dicté par un samouraï devenu moine, Tsunetomo
Yamamoto, à l'un de ses disciples, Tashiro Tsuramoto, qui compila les récits
de son maître dans onze volumes.
Les principes du niju kun sont concis et tendent
vers une nature profondément philosophique. Cette même concision
fait qu'ils sont sujets à des multiples interprétations et ce même
dans leur langue d'origine: le japonais. Ces courts préceptes
étaient originellement destinées à être enrichies par des
explications de Maître Funakoshi, dans son dôjô ou au hasard de
cours particuliers que celui-ci donnait à ses élèves.
Pour avoir une
version parfaitement exacte au niveau des mots et du sens, il faudrait retourner au début
du 19
ième
siècle dans un Japon d'un autre temps, et
demander à Gichin Funakoshi lui-même de nous l'expliquer... Cependant,
plusieurs personnes qui ont côtoyé Funakoshi nous aident à mieux
comprendre le niju kun grâce à leur témoignage. On peut nommer
Masatoshi Nakayama, Taiji Kase, Tsutomu Oshima, et Genwa Nakasone.
Je me suis dit que pour
avoir un texte le plus fidèle possible, il faudrait le faire traduire
à partir du Japonais. J'ai donc présenté la version française
que l'on retrouve sur le web, et la version Japonaise à mon beau-frère Denys Lamontagne (http://cursus.edu/).
Il
a demandé à Iris Germain ,traductrice de
Japon
Québec communications, de nous fournir une version exacte.
Voici le témoignage De la traductrice:Je dois te dire qu'on a bien rigolé à
faire ça. Yoshimi , une japonaise qui travaille avec moi pratique le Judo, et elle
connaît mieux les vieux proverbes que moi. C'est un langage
maintenant utilisé uniquement dans les art martiaux et les
médecines naturelles. Un mélange entre le chinois et le
japonais. De plus plusieurs mots sont difficiles de
compréhension, car il ne sont pas écrit en caractère japonais,
donc il est difficile de déchiffrer le sens. Dans l'ensemble la
traduction est très bonne, en tant que traductrice je pourrais
dire que ce sont des formules qui sont adaptées au langage du
pays (français) pour que les gens puisse mieux comprendre le
sens. Il faut toutefois dire que c'est effectivement pas du tout
de la traduction directe (mot à mot). Elle a été adapté à la
culture ou à la syntaxe. Il y a effectivement des phrases qui
semblent ne pas traduire du tout le texte. Il y a aussi quelques
petites différences dans certains cas . De plus, la différence
majeure est qu'en japonais ces proverbes sont à l'impératif,
tandis qu'en français, ça ne l'est pas nécessairement. |
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Les trois premiers kanji à droite signifient Nijukun. Le
dessus de chaque ligne commence avec un _ suivi de , . C'est le chiffre un
qui est compté au dessus de chaque ligne. Il indique "Hitotsu." Cela
signifie un point ou un chose.La source de ce texte est
probablement une calligraphie murale qu'il a créé pendant ses années
plus actives. Funakoshi n'a pas écrit de livre sur ces 20 préceptes qui ont
été interprétés de différentes façons. Les fanatiques y verront la sagesse
des anciens, les critiques y verront des perles de la sagesse japonaise. Le
texte se lit de haut en bas, de la droite vers la gauche. |
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Karate do wa rei ni
hajimari, rei ni owaru koto wo wasuru na
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Karate do : la voie du karate
rei : courtoisie, salutation, salut, gratitude
hajimari : début
owaru : finir
koto : chose
wasuru na : n'oubliez pas
Règle 1. N'oubliez pas que le karate-dō commence et se termine
dans la courtoisie.
Sans la pratique de la politesse et du respect, il n'y a pas de
progression possible sur la Voie. Le respect de l'étiquette,
symboliquement marqué par le salut (Rei), crée l'harmonie en soi et
autour de soi. Okinawa est considérée comme le
pays ou toutes les formes d'étiquettes sont le plus strictement
respectées. La fameuse porte frontale du Château de Shuri est
appelée Shurei-no-Mon, la porte de la courtoisie. "Le karateka, et
l'être humain en général, doit cultiver la courtoisie et lui accorder plus
d'importance qu'à la puissance et la technique. J'ai remarqué que les
étudiants sérieux se sentent toujours concerné par autrui. Ils font
également preuve de la ténacité nécessaire à l'étude du karaté à long terme."
Gichin Funakoshi.
"La
notion de respect envers ses partenaires d'entraînement est primordiale.
Il est important d'être poli pendant l'entraînement avec un partenaire, de
ne pas être arrogant ,ou se croire supérieur. Cependant, la politesse et le
respect ne doivent pas être limités aux quatre murs du dojo. À la
maison, on écoute ses parents. Au travail, nous n'allons pas à l'encontre de
l'avis de nos supérieurs. À l'école, on porte attention aux paroles des
professeurs."
Gichin Funakoshi
On peut lire dans Best Karaté écrit
par Nakayama, que Funakoshi rappelait souvent à ses étudiants que
''sans courtoisie, l'esprit du karate-do n'existe pas''
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Karate ni sente nashi
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Karate : main vide
sente : le premier geste, le premier mouvement, l'initiative
nashi : n'existe pas, n'est pas là
Règle 2. En karate l'initiative est sans avantage.
Ce précepte
est sans aucun doute l' un des
plus
célèbre. Il a été gravé sur la pierre de son mémorial élevé au temple Enkakuji de
Kamakura.
Le karaté ne doit servir en aucun cas à attaquer. Ici, Funakoshi
ne parle pas de la voie du karate (karate-do). Au lieu de cela, il
se réfère à lui simplement en tant que technique. Ici, le mot
attaque est absent...
Cette sentence résume toute
l’attitude qui doit être à la base de la pratique du Karaté, et des arts
martiaux en général. Le premier mouvement, et même si de l’extérieur il peut
être perçu comme une initiative d’attaque, doit être conçu comme une
défense. Le karatéka ne doit pas manifester d'agressivité, et la réponse
qu’il peut être amené à donner lorsqu’une confrontation est inévitable ne
saurait être qu’une défense, suivie d’une riposte contrôlée en fonction de
l’agression. Ni agressivité, ni violence.
Singulièrement, tous les katas Shotokan commencent par une technique
défensive. Cette
volonté de ne pas commencer le combat, la sérénité et l’harmonie qu’elle
sous-entend, doit être présente au Dojo comme dans toutes les choses de la
vie.
Un témoignage de Taiji Kase; Mon
conseil pour les pratiquants de karaté do est très simple: il faut bien
faire attention à ce qu'a dit Gichin Funakoshi “Karate Ni Sente Nashi”. Il
faut comprendre ce concept de manière très profonde. Aussi bien au niveau
mental qu'au niveau technique. Il faut faire en sorte que l'agresseur
possible comprenne mentalement qu'il vaut mieux pour lui ne pas attaquer,
qu'il le sente et qu'il l'accepte. C'est là le véritable sens de la maxime
“Karate Ni Sente Nashi”: que l'adversaire renonce à sa première attaque et
qu'ainsi l'agression ne se produise pas.
Un enseignement fondamental au cœur du
Bushido, dictait de ne jamais tirer son sabre sur un coup de tête.
Karate ni sen te nashi est une extension de ce principe de base
selon lequel il ne faut pas sortir son arme au moindre prétexte. Elle
souligne la nécessité absolue de faire montre de patience et de
retenue. Mais si la confrontation devient inévitable, alors le
pratiquant doit se lancer corps et âme dans la confrontation.
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Karate wa gi no tasuke
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Karate : main vide
gi : justice, droiture, loyauté, fidélité, signification, sens
tasuke : aide, secours, délivrance
Règle 3. Le karate est l'aide de l'
équité. Le karate est un instrument de justice; la pratique de
cet art doit développer un esprit ayant une vision juste des choses
de la vie et aussi, s'il y a lieu, rendre possible d'intervenir
physiquement pour une cause juste.
Pour
Funakoshi,
Le karate do vise le
perfectionnement tant de l'esprit que du corps.
"Respectez les règles de la morale dans votre vie quotidienne, en
public comme en privé. Personne ne peut atteindre la perfection en
Karate sans avoir compris qu'il s'agit par dessus tout d'une foi,
d'une voie. Le karatéka en offrant son aide et en acceptant celle des
autres apprend à donner à l'Art la dimension d'une foi."
Gichin Funakoshi
À
travers l’apprentissage des techniques et du geste parfait, le
karatéka développe son énergie vitale, le Ki, mais se construit un
état d’esprit, le Shin, fait de maîtrise de soi qui le détourne de la
violence à travers laquelle il s’est en quelque sorte "formé". La voie
de l’art martial authentique se doit d'être une voie éducative, celle
de la paix et de la non-violence. Il y a dans tout art du Budō, trois
composantes intimement liées dont la proportion varie en fonction de
l’âge et du niveau dans la progression du pratiquant : les éléments
corporels (Tai), les éléments techniques (Ghi), les éléments mentaux (Shin).
La méconnaissance de l’un comme de l’autre de ces principes
entraînerait très vite le pratiquant dans une fausse direction avec,
comme résultat, la non obtention de l’efficacité réelle, voire de
troubles dans son comportement au quotidien.
Les adaptation sportives contemporaines des Budō anciens n’expriment
que très faiblement (et pour certains, pas du tout), ce type de
préoccupation. Ainsi la pratique systématique de la compétition
privilégie parfois trop largement les résultats externes (l’ennemi est
au dehors), au détriment de la recherche interne (l’ennemi est en
soi), qui devrait être la véritable motivation du Budoka.
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Mazu jiko wo shire, shikashite ta wo shire
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mazu : premièrement, tout d'abord
jiko : soi-même
shire : connaître, savoir
shikashite : et, aussi, alors, puis
ta : les autres
Règle 4.
Avant tout connais-toi, ensuite connais les
autres.
Il faut connaître ses forces et ses faiblesse, ne pas
être complaisant envers soi. Ensuite seulement porter un
regard, une appréciation, une évaluation sur l'autre.
Cette vérité simple est connue depuis longtemps ; la devise
inscrite au fronton du temple de Delphes
implique que la maîtrise la conscience détermine la qualité de la
vie. Aristote en parlait comme une vigoureuse activité de l'âme.
Presque chaque humaniste célèbre, de Ghandi à Jésus Christ a exalté les
hommes à mieux se comprendre afin de comprendre le monde autour d'eux.
Connaître les autres, c'est la sagesse; se connaître soi-même , c'est la
sagesse supérieure. Lao-Tseu
Azato, un professeur de Funakoshi, avait l'habitude de dire ; "Connaître son ennemi et
se connaître soi-même : c'est le secret de la stratégie ".
À force de pratique le karatéka connaît ses
techniques favorites ainsi que ses propres faiblesses, en combat il doit
connaître ses propres points forts mais aussi ceux de son adversaire.
Selon un vieux conte japonais, un jour un samouraï
belliqueux somma un maître zen de lui
expliquer ce qu'étaient le paradis et l'enfer.
Le moine lui répondit avec mépris:Tu n'est qu'un rustre, je n'ai pas de
temps à perdre avec des gens de ton espèce. Se sentant insulté, le samouraï
devint furieux et, tirant son épée, cria: Je pourrais te tuer pour ton
impertinence. Voilà ce qu'est l'enfer, répliqua le moine calmement. Surpris
par la vérité de ses paroles, le samouraï se calma, rengaina son sabre,
salua le maître et le remercia de l'avoir éclairé. Et voilà le paradis
rajouta celui-ci. Cette histoire montre qu'il est bien différent de se
laisser emporter par ses émotions et le fait d'en être conscient. La
première partie "Connais-toi toi-même" nous vient de Socrate et nous
rappelle qu'il faut être conscient de ses émotions au fur et à mesure de
leur apparition. Reconnaître que l'on est en colère; c'est déjà vouloir ne
plus l'être.
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Gijutsu yori shinjutsu
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Gijutsu : technologie, technique, habileté, art, compétence
yori : plus que
shinjutsu : spiritualité
Règle 5. L'esprit (la force
psychologique)avant la technique.
Funakoshi, dans ses dernières années, avait beaucoup développé sa
spiritualité, et était aussi très pacifique dans son enseignement du
karate. Ses détracteurs disaient qu' il enseignait un karaté doux. Il nous demande ici de penser en termes d'amélioration de son
attitude mentale , au lieu de ne penser qu'à l'exécution technique.
"Le
Karate-Dō vise le perfectionnement tant de l'esprit que du corps et
les louanges des seules prouesses physiques doivent être bannies.
Comme le saint bouddhiste Nichirien l'a dit si justement, on n'étudie
pas les sutras en les lisant seulement avec les yeux mais aussi avec
l'âme. Celui dont l'esprit et la force mentale se sont endurcis en
adoptant une attitude ou il n'est nulle question de renoncer, ne
rencontrera aucune épreuve qu'il ne saura surmonter."
Gichin Funakoshi
Dans l'étude du
Karate-Dō on dit que l'esprit est parfois plus important que la
technique. À technique égale c'est l'esprit qui fait la différence. Si
tu combats, guerrier, et qu'un de tes bras casse sers-toi de l'autre.
Si l'autre casse, sers-toi de tes jambes. Si tes jambes t'abandonnent,
tu peux encore mordre. Si on te coupe alors la tête, ton corps tombera
bien après. Gichin Funakoshi
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Kokoro wa hanatan koto wo yosu
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Kokoro : coeur, esprit, noyau
hanatan : séparer, laisser la liberté, relâcher, laisser aller
koto : chose, substance
yosu : nécessite, demande, exige
Règle 6. Il est nécessaire de libérer son esprit.
Dans son livre "Karate-dō Kyōhan",
Maître Funakoshi écrit: "De même que le miroir est clair et reflète
une image sans distorsion, ou la vallée tranquille qui renvoie l'écho
d'un son, ainsi doit un débutant se libérer de ses pensées égoïstes et
mauvaises, car c'est seulement avec un esprit clair et la conscience
pure qu'il peut comprendre ce qu'il apprend". Contrôler son propre
esprit , son ego, ses pulsions, ses peurs.
Mizo No Kokuro.
L'esprit comme l'eau. Ceci se rapporte à
l'attitude mentale tout en faisant face à un adversaire réel. Il se
rapporte au besoin de faire le calme d'esprit, comme la surface de l'
eau calme. L'eau lisse reflète exactement l'image de tous les objets,
et si l'esprit est maintenu calme, la compréhension des mouvements
d'adversaires, psychologiques et physiques, sera immédiate et précise,
et ses réponses défensives et offensives seront appropriées et
proportionnées.
D'autre part, si la surface de l'eau est dérangée, les images qu'elle
se reflète seront tordues. En d'autres termes, si l'esprit est
préoccupé avec des pensées d'attaque et de défense elle ne comprendra
pas correctement les intentions de l'adversaire créant une occasion
pour que l'adversaire attaque.
Un
moine, demandant un enseignement à Bodhidharma, dit : "Je n'ai aucune
paix d'esprit. Veuillez apaiser mon esprit" ."Apportez-moi
votre esprit ici,et moi je l'apaiserai!" a répondu Bodhidharma.
"Mais quand je cherche mon propre esprit,je ne peux pas le trouver."
a dit le moine. "Voilà!" répliqua Bodhidharma , "j'ai apaisé votre
esprit!"
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Wazawai wa getai no shozu
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Wazawai : malheur, infortune
getai/kaitai : paresseux, négligent
shozu : produit, provoque, survient
Règle 7. La malchance provient de la négligence.
"La vie ressemble souvent
à un match à couteaux tirés. Avec une attitude tiède face à la vie,qui vous
fait supposer qu'après un échec il existe toujours une deuxième chance,
qu'espérez-vous accomplir l'espace d'une vie, qui souvent ne compte guère
plus de cinquante années?" Gichin Funakoshi.
Beaucoup
d'accidents sont imputables à la négligence, à la paresse. Le
moindre relâchement de l'attention lors d'un combat, peut réduire à
néant les efforts de préparation et de recherche effectuées au
préalable.
La paresse, la
négligence prend
parfois des formes insoupçonnées,
qui n'ont rien à voir avec le nombre
d'heures passées au travail ou à l'entraînement. La principale forme
est la peur. La peur du changement, la peur de perdre ce que nous
avons si nous nous aventurons ailleurs. S' améliorer comme être
humain, évoluer, demande du courage et des efforts que peu de gens
sont prêts à faire.
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Dojo nomi no karate to omou na
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dojo : place, salle d'entraînement
nomi : seulement
karate : main vide
omou na : ne pensez pas
Règle 8. Ne croit pas que le karate n'est qu'au Dojo.
La voie, la pratique intérieure et l'importance d'un bon
comportement dans tous les actes de la vie quotidienne. Pratiquer ne
concerne pas seulement la technique. Ce principe se retrouve dans
l'ensemble des arts martiaux pratiqués en tant que voie.
Le Budo, répètent les Maîtres, ne se
pratique pas qu’au Dojo. Il constitue un art de vivre qui s’expérimente à
chaque instant. Le véritable Dojo, ajoutent ils, est celui que le disciple
doit se bâtir dans son coeur, au plus profond de lui même. Cette préoccupation fait la
différence entre un pratiquant de karaté do et un pratiquant de
sport de combat attaché aux résultats superficiels.
Le combat libre ou de compétition,
donne l' occasion au participant d' utiliser ses capacités en vue
d'affronter le défi posé par les capacités de son opposant. Le mot
*compétition* vient du latin cum petire; essayer ensemble. Chaque
personne essaie d'actualiser son potentiel et cette tâche est facilité
parce que chaque adversaire force l'autre à faire de son mieux.
Ainsi la
compétition de par son entraînement spécifique, peut faire progresser le
karatéka, car la compétition est un test d'efficacité qui permet aux
compétiteurs de prendre conscience de leurs faiblesses, et ainsi de se
remettre en cause. La compétition améliore la qualité de l'expérience
lorsque l'attention porte sur l'activité elle-même; lorsque le participant
vise des buts extrinsèques - l'emporter sur l'autre, impressionner les
spectateurs, gagner une médaille - au lieu de se centrer sur ce qui se
passe, la compétition devient une distraction, un spectacle qui nuit à
l'expérience optimale.
Le Bouddhisme enseigne que le monde entier est un dojo.
Funakoshi a écrit dans Karate-Dō Nyūmon;"Considérez
la vie de tous les jours comme faisant partie intégrante de votre
entraînement de karate. Ne croyez pas que que le karate n'existe qu'au sein
du dojo, ou qu'il ne doit être considéré comme une méthode de combat.
L'esprit de la pratique du karate et les éléments constitutifs de
l'entraînement sont applicables à chacun et à tous les aspects de la vie
quotidienne. Celui dont l'esprit et la force mentale se sont endurcis en
adoptant une attitude ou il n'est nulle question de renoncer, ne rencontrera
aucune épreuve qu'il ne saurs surmonter." Gichin Funakoshi |
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Karate no shugyo wa issho de aru
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karate : main vide
shugyo : formation, instruction
issho : vie entière, existence
de aru : pour être
Règle 9.
Une formation de karate dure
une vie entière. Après
quelques années de pratique, Funakoshi remarqua que sa santé s'était
grandement améliorée, et c'est à cette période qu'il commença à
considérer la pratique du karate comme un art de vivre.
L'apprentissage d'un art martial, tout comme l'art du
bonsaï, n'est jamais terminé, parce que l'homme tout comme la plante se
modifie sans cesse, parce qu'ils vivent!
Il faut
toujours garder à en tête que Funakoshi ne parle pas uniquement de techniques, mais aussi de développement
de la personnalité. Si vous demandez à un maître zen combien de temps il
vous faudra pour devenir zazen (harmonie avec l'univers), il vous répondra
probablement; jusqu'à votre mort... L'école bouddhiste zen et les
arts martiaux ne sont pas des choses que vous faîtes ou vous
apprenez, ils sont ce que vous êtes.
Voici un passage du Hagakure qui
illustre très bien ce précepte: C'est pourquoi un Samouraï doit
connaître ses faiblesses et passer sa vie à les corriger sans jamais
avoir le sentiment d'en faire suffisamment. Il ne doit naturellement
jamais être trop confiant mais il ne doit pas non plus se sentir
inférieur. Yagyu, le maître de la Voie du Sabre, auprès du Shogun
Tokugawa disait : « je ne sais pas comment surpasser les autres.
Tout ce que je sais, c'est comment me surpasser ». Il se disait:
«
Je suis aujourd'hui meilleur qu'hier, demain je serai encore
supérieur ».Un vrai Samouraï consacre tout son temps au
perfectionnement de lui-même. C'est pourquoi, l'entraînement est un
processus sans fin. |
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Arai yuru mono wo karate ka
seyo soki ni myo mi ari
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arai yuru : tous, chaque
mono : chose(s), substance
karate : main vide
ka seyo : transformez en, transformez (commande)
soki : là (pas trop loin)
myo mi : charme, beauté exquise
Règle 10.
Le karate est dans tout ce
que vous faites, là est sa beauté intrinsèque.
Un coup, de poing ou de
pied, asséné ou encaissé, peut signifier vie ou mort. Telle est la
doctrine au cœur du karate-dô. Si chaque domaine de la vie est
abordé avec un tel sérieux, épreuves et difficultés peuvent être
dépassés. Si un pratiquant affronte chaque difficulté en ayant le
sentiment que sa vie entière est en jeu, il réalisera l'ampleur de
ses propres capacités.
Relie ta vie de tous les jours au karate et tu découvriras la
lumière de l'esprit.
Considérez la vie de tous les jours comme faisant partie intégrante de votre
entraînement de karaté. Une tâche difficile, un examen éprouvant, une épreuve
de la vie sont tous des occasions d'apprendre et grandir. Ce principe rejoint
la règle 8;
Ne croit pas que le Karaté n'est qu'au Dojo. |
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Karate wa yu no goto shi taezu netsudo wo atae zareba moto no mizu ni
kaeru
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karate : main vide
yu : eau chaude
gotoshi : comme, comme si
taezu : toujours, continuellement, sans interruption,
incessamment
netsudo : degré de chaleur/enthousiasme
atae zareba : à moins que vous donniez
moto : origine, état précédent
mizu : eau
kaeru : retour
Règle 11.
Le karate est comme
l'eau chaude, si vous ne lui apportez pas de la chaleur constante,
elle refroidira. C'est la base de l'apprentissage... Continuez, ou
arrêtez. Cependant si vous arrêtez, la reprise de l'entraînement sera
difficile, et devra se faire d'une façon progressive et intelligente
pour éviter les blessures.
L'intégration d'un aspect du karate parmi d'autres, ou une pratique
irrégulière et insuffisante Seule une pratique régulière et assidue
récompensera votre corps et votre esprit des fruits de la Voie.
L'apprentissage par la pratique
revient à pousser une charrette vers le sommet d'une colline: Cessez
de pousser et tous vos efforts auront été vains.
(Proverbe japonais)
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Katsu kangae wa motsu na makenu kangae wa hitsuyo
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katsu : pour gagner
kangae : une pensée
motsu na : n'ont pas (commande)
makenu : ne pas perdre
hitsuyo : requis
Règle 12. Ne pensez pas que vous devez
gagner, mais plutôt que vous ne devez pas perdre.
C'est une citation qui porte à réfléchir. La plupart des textes
martiaux d'arts disent que vous devriez avoir l'esprit vide de
pensées. Mais ce point du Niju Kun n'indique pas cela. Il indique
clairement que vous devriez penser, et ce que vous devriez penser à
ne pas perdre. Plutôt que d'imaginer que vous gagnez vos matchs, et
amenant alors de l'anxiété et la préoccupation du succès, pensez
seulement à ne pas perdre, et évitez l'appréhension, la crainte de
la perte, et l'anticipation du succès.
Un des Shoguns Tokugawa a dit;
savoir uniquement comment décrocher la victoire sans savoir comment
perdre revient à se mettre soi-même en situation de défaite.
L'attitude mentale obsédée par la victoire nourrit nécessairement un
optimiste excessif qui, à son tour, nourrit impatience et
irritabilité. La meilleure attitude consiste à se résoudre fermement
à ne pas perdre, quel que soit l'adversaire, en prenant conscience
de nos propres forces et en faisant preuve de conviction
inébranlable le tout en adoptant une attitude conciliante dans la
mesure du possible.
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Teki ni yotte tenka seyo
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Teki : ennemi, rival, concurrent, adversaire
ni yotte : selon
tenka seyo : changement
Règle 13.
Transformez-vous selon votre
adversaire.
Tsuki No Kokuro.
L'esprit comme la lune. Ceci se
rapporte à la nécessité de se rendre constamment compte de la totalité
de l'adversaire et de ses mouvements, juste comme des éclats de clair
de lune également sur tout dans sa marge. Ceci signifie qu'on devrait
observer l'adversaire globalement. Avec le développement complet de
cette attitude, la conscience se rendra immédiatement compte de toutes
les ouvertures dans les défenses de l'adversaire. Face à l'adversaire,
adapte sans cesse ta défense.
Des nuages bloquant la lumière de la lune sont comparés à l'énervement
ou aux distractions. Ces distractions arrêtent la lumière de briller
sur tout. De même, elles rendent la compréhension et la réaction aux
mouvements de l'adversaire plus difficiles qu'elles doivent être.
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Tattakai wa kyo-jitsu no soju ikan ni ari
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tattakai : combat, guerre
kyo jitsu : vérité ou mensonge, combat intelligent, essayant chaque
stratégie
soju : contrôle, pilote
ikan : quoi, comment
Règle 14.
Le secret du combat réside dans l'art de le diriger.
Les préceptes treize et
quatorze évoquent l'attitude mentale à suivre en combat. Un
combattant doit pouvoir et savoir s'adapter à son adversaire; il
évite les points forts de l'ennemi pour le frapper là où il est
vulnérable. Il doit éviter toute action stéréotypée.
Azato disait;"Il ne faut pas se laisser intimider, mais garder la
tête froide pour chercher l'inévitable faille de la garde. La victoire
est alors à votre portée."
Votre
adversaire ne devrait pas vous faire changer. Vous devriez apprendre à
commander et manoeuvrer votre adversaire. Incitez le à faire ce que
vous voulez. Le combat se décide d'après les capacités à distinguer
Kyo (sans protection, l'ouverture) de Jitsu ( protégé). Il ne faut
pas utiliser n'importe quelle technique, mais savoir analyser la
situation et la gérer intelligemment.
Si l'esprit est comparé au haut-parleur d'un téléphone, alors la
volonté est comme le courant électrique. Peu importe la sensibilité du
haut-parleur, s'il n'y a aucun courant électrique, aucune
communication n'a lieu. De même, même si vous comprenez correctement
les mouvements de votre adversaire, et vous vous rendez compte d'une
ouverture, si la volonté pour agir manque, il n'en résultera aucune
technique efficace. L'esprit peut trouver une ouverture, mais la
volonté doit être activée afin d'exécuter la technique appropriée. |
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Hito no te ashi wo ken to omoe
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hito : les gens
te ashi : bras et jambes
ken : épée
to omoe : pensez
Règle 15.
Pensez aux bras et aux jambes
des gens comme des épées. Nos bras et nos jambes sont comme des
épées... ceux de l'adversaire aussi ! Funakoshi demande de considérer le karate
comme un art martial à part entière qui doit être pratiqué avec le
plus grand sérieux; "Cela implique de dépasser les simples notions
d'application et de sincérité dans l'entraînement. Pour chaque
déplacement, chaque mouvement de main, vous devez imaginer que vous
affrontez un ennemi armé d'un sabre à la lame tranchante."
Funakoshi raconte que son professeur Yasutsune Azato a déjà affronté à main nue Kanna
Yasumori, un maître de sabre d'Okinawa et a gagné l' affrontement. Son
conseil était; Pensez aux mains et aux pieds d'un homme qui, adepte du karate, s'est entraîné, en les considérant comme de véritables sabres.
Dans l'ancien Okinawa-te, le corps était utilisé comme une arme.
Hito no te ashi wo ken to omoe réfère au principe même du coup
frappé, l'atemi. cette méthode de combat utilisait le principe du
coup porté avec force et vitesse et précision sur des points
particulièrement vulnérables de l'adversaire (points vitaux). Selon
le but recherché, l'atemi provoque la douleur, la paralysie, le bris
d'os ou d'articulation, l'évanouissement, soit la mise hors de
combat momentanée ou définitive.
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Danshi mon wo izureba hyakuman no tekki ari
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danshi : homme, mâle
mon : porte, barrière
izureba : si [ quelqu'un ] sort
hyakuman : 1 million
tekki : adversaire, ennemi
Règle 16.
Passé votre foyer, 1
million d'ennemis attendent. Lorsque tu quittes là
ou tu es chez toi, tu te fais de nombreux ennemis, un tel
comportement provoque de l'irritation. Les risques de troubles
sont plus importants hors de chez soi, il faut donc
redoubler de vigilance. Funakoshi est né sur
l'île d'Okinawa; à plusieurs reprises, au cours de leur
histoire, les Okinawaiens se trouvèrent confrontés à l'
invasion de forces étrangères. L' esprit de vigilance et de
résistance devint un seconde nature, d' une population
perpétuellement menacée parce qu'elle se trouvait au centre
des routes commerciales des Mers de Chine. Chinois, Japonais,
Malais, Phillipins, et des pirates soumirent l'île pendant des
siècles à des attaques et des occupations permanentes. Un tel
destin forge la mentalité d'un peuple, et ce sur plusieurs
générations.
Il est rapporté que
Funakoshi n'abordait un coin de rue qu'en le contournant largement
afin de ne jamais pouvoir être surpris, et qu'il apprenait à ses
élèves comment tenir ses baguettes en mangeant ou son bol de riz
pour pouvoir faire face instantanément à tout danger.
De son côté, l'histoire du Japon est
aussi marquée par d'incessantes guerres locales, et luttes que se
livrèrent les princes, Shogun et Daimyo, par l'intermédiaire
de leurs samouraï et de leurs troupes personnelles. Dans le passé, le Japon a connu
des tentatives d'invasion, dont deux par les Mongols.
Funakoshi a aussi connu la Guerre du Pacifique
dont le bilan, pour les
Japonais, est de 2 060 000 morts (3 % de la population), dont 186
000 civils japonais qui ont été tué par les forces alliées dirigées
par le Général américain Mac Arthur. C'est à cette époque qu'a été
détruit par les bombardements des B-29 américains, le premier dojo
Shotokan. |
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Kamae wa shoshinsha ni ato wa shizentai
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kamae : maintien, position, structure, aspect
shoshinsha : personne inexpérimentée, novice(s)
ato ; plus tard
shizentai ; position normale
Règle 17. Position formelle pour
les débutants, position naturelle pour les avancés. Un débutant
doit apprendre et maîtriser toutes les positions, pour obtenir une
position naturelle bien plus tard. Un avancé sera capable
instinctivement de se tenir naturellement, de façon détendue.
Vous ne devez pas raidir votre corps ; vous devez
toujours vous détendre pour être prêt à une quelconque attaque d’une
quelconque direction. Quand le vent souffle, le chêne rigide résiste
et casse, la brindille flexible se courbe et survie.
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Kata wa tadashiku jissen wa betsu mono
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kata : forme, routine d'exercice de karaté
tadashiku
: correctement
jissen
: vraie bataille, vrai combat, vraie guerre
betsu
mono ; chose séparée, autre chose
Règle 18. La pratique(kata) doit
être faite correctement (parfaite), car le combat est autre chose.
Le caractère utilisé ici pour le kata ici ne signifie pas
nécessairement un kata comme Heian Shodan et semblables. Il est
habituellement employé pour décrire une forme littérale. On parle ici,
de la pratique des techniques de base. Nakayama explique dans ses
livres Best Karaté, qu'une personne qui met l'accent sur le combat en
négligeant la pratique des techniques essentielles sera vite devancé
par celui qui s'est entraîné longtemps et assidûment avec les
techniques de base.
Les katas et les
exercices de base sont la moelle de l'entraînement du karaté-dô. Anko
Itosu disait "Respectez la forme des katas, ne cherchez pas à en
travailler l'esthétique. En combat réel, il ne faut pas s'embarrasser
ou se laisser entraver par les rituels propres aux katas, le
pratiquant doit dépasser le cadre imposé par ces formes et se déplacer
librement en fonction des forces et faiblesses de l'adversaire.''
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Chikara no kyojaku, ka rada no shinshiku waza no kankyu wa wasuruna |
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chikara : puissance
kyojaku : force + faiblesse, force relative
tai ; corps
shinshuku ; expansion et contraction, élastique,
flexible
waza ; technique
kankyu ; vitesse relative, lent et rapide
wasaruna : n'oublie pas
Règle 19.
N'oubliez pas le contrôle de la dynamique de la
puissance, de la flexibilité du corps, et de la vitesse
relative des techniques. En
Japonais il y a des termes précis pour les mots contradictoires.
L'idée d'expansion et de contraction du corps semble difficile à
comprendre, shinshuku se réfère également à la flexibilité de base,
qui semble beaucoup plus raisonnable. Un muscle peut s'étirer à sa
longueur maximale pour ensuite se contracter, il y a une grande
corrélation entre la flexibilité d'un muscle et sa vitesse.
"Soyez flexibles, soyez forts, soyez rapides, et employez chacune de
ces qualités convenablement pour un résultat maximum." Lors de
l'exécution d'un kata, toutes les techniques ne doivent pas être
faites à la même vitesse, la même force, le même rythme d'un bout à
l'autre. Avec Bassai dai, par exemple, on apprend le calme et
l'agilité, la puissance et les changements, les techniques lentes et
rapides, la dynamique de la puissance, comment tirer parti d,une
situation embarrassante et changer de blocage. |
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Tsune ni shinen kufu seyo
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Tsune
ni : tout le
temps
shinen : pensée
kufu : le dispositif, adaptation, invention, moyen
seyo : faîtes-le
Règle 20. Perfectionnez-vous sans arrêt.
Il faut vivre ses règles quotidiennement. L'objectif final de la pratique du karaté
ne touche pas à la seule maîtrise technique, mais vise l'unité du
corps et de l'esprit en toute occasion. Cet état d'esprit puise sa
légitimité à la source de cet art martial: le combat. Pour espérer
vaincre, il faut opposer à l'adversaire ses habiletés et aussi
l'ensemble de ses ressources mentales : la concentration, la volonté,
la calme, l'esprit de décision. L'un sans l'autre ne peut conduire à
l'efficacité absolue. La recherche de la perfection et de l'harmonie
dépasse le seul stade de l'art du combat pour devenir un moyen
d'épanouissement intérieur. Le but n'est plus de vaincre un quelconque
adversaire. Il est de se dominer soi-même entièrement, physiquement et
mentalement. Le karate-dō, devient un des moyens possibles pour
atteindre cet objectif. Savoir faire et savoir être en toutes
circonstances. Puis juste au moment ou nous croyons avoir réussi, nous
découvrirons que nous devons apprendre davantage. Nous continuons sans
cesse d'apprendre et de grandir tout au long de notre vie...
L'homme de progrès travaille
toujours pour se perfectionner. C'est une vertu. La plus haute est
d'initier les autres. G.Funakoshi .
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Références; Karate-Dō
Kyōhan, Karate-Dō
Nyūmon et Karate-Dō ma Voie, ma Vie de Gichin Funakoshi.
Encyclopédie des arts martiaux.
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