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Le sabrejaponais, symbole du samouraï
Place au
samouraï! Le regard baissé, les badauds s'écartent sur le passage du
fier guerrier qui remonte à cheval une rue encombrée d' Edo, le
futur Tokyo. Deux sabres, un long et un petit, sont passés dans sa
ceinture.
C'est en tant
que membre de la plus haute classe de la société japonaise, celle
des samouraïs, qu'il est autorisé à porter ces deux redoutables
symboles de son autorité. Il est vêtu d'un kimono, d' une sorte
d'ample jupe pantalon, le hakama et d'une courte veste. Ses cheveux
rasés au sommet du crâne sont tirés en arrière pour former un
chignon. Les samouraïs ont dominé l'histoire du Japon pendant plus
de sept cent ans, de 1185 à 1867. De tous leurs biens, ces guerriers
chérissaient par dessus tout leurs deux sabres, le katana et
le wakizashi. Pour les spécialistes, le katana est l'arme la plus
tranchante qui ait jamais existé.
Symbole de la
caste des samouraïs, le katana est un sabre (épée longue à un seul
tranchant). Porté avec un wakizashi, ils
forment le daisho. Terminée en
biseau, la lame du katana est traditionnellement forgée à partir
d'un acier brut transformé en acier composite. Dur pour
l'enveloppe, et plus mou pour le noyau. Ils sont chacun feuilletés
de nombreuses fois, puis intimement soudés l'un à l'autre à la
forge. Ensuite, en recouvrant d'un mélange d'argile isolant le dos
et les flancs, la lame subit une trempe sélective, qui conférera à
l'arme les qualités combinées de dureté extrême du tranchant, ainsi
que de résistance aux chocs pour l'ensemble.
L'étape suivante est le
polissage, effectué à l'aide de pierres volcaniques à grain
décroissant, qui affûte la lame en révélant les structures
cristallines.
Le katana, qui fait
approximativement un mètre de longueur, se manie généralement à deux
mains (encore que certaines techniques, comme la célèbre technique à
deux sabres de Miyamoto Mushashi, ou des techniques impliquant
l'utilisation du fourreau, supposent le maniement à une main). Sa
poignée, suivant le climat politique, variait entre la largeur de
deux ou trois mains. Certaines périodes de l'histoire japonaise
étant plus calmes, le katana avait plus un rôle d'apparat que d'arme
réelle. Dans ce cas, la garde était plus courte, facilitant ainsi le
port à la ceinture, au détriment de l'équilibre de l'arme. Le tsuka
se termine par un garde qui protège la main. Le poids d'un katana
standard varie de 800 grammes à 1000 grammes.
Le
sabre, ou plutôt l’épée, est l’un des éléments essentiels de l’identité
nationale japonaise. Les récits mythologiques racontent notamment comment
le dieu de la terre, Susanoo, frère de la déesse du soleil et de la lumière, Amaterasu-o-Mikami, trouve dans la queue du dragon à huit têtes
qu’il a tué afin de libérer le pays d’Izumo, l’épée symbole de la famille
impériale. L’empereur Keiko la confie ensuite à son troisième fils, le turbulent Yamatotakeru-no-Mikoto,
afin qu’il s’en aille pacifier les contrées non encore soumises. À l'âge de 16
ans , il mit fin à une rébellion dans le Kyushu en tuant le chef. Cette épée est
enfin remise à l’impératrice Jito lors de son accession au trône, en 686.
Les recherches archéologiques ont pour leur part permis de mettre au jour, à
Kyushu et dans le Kanto, deux épées datant de la période de Kofun : les
inscriptions qu’elles portent soulignent leur importance symbolique et
permettent d’établir l’existence à cette époque d’un pouvoir centralisé autour
du royaume du Yamato.
Si le samouraï des
périodes de Kamakura et de Muromachi est avant tout un cavalier, celui des
périodes de Sengoku et d’Azuchi Omoyama est de plus en plus souvent un
fantassin. Se développe alors un grand nombre de styles dont l’enseignement est
cependant tenu secret.
Avec la période d’Edo et le retour à la paix instauré par les Tokugawa, la
société est divisée en quatre classes. La première, celle des guerriers, n’a pas
le droit de travailler. Ceux-ci ont pour mission de s’entraîner aux arts
guerriers et de s’instruire, en échange de quoi ils reçoivent une rente. Les
deux sabres qu’ils portent à la ceinture, qu’ils ont par ailleurs interdiction
formelle de tirer et qui doivent être maintenus dans leur fourreau par un lien,
deviennent le symbole de leur classe.
Après deux siècles et demi de paix, les guerriers ne sont plus qu’en théorie
seulement au sommet de l’échelle sociale. Le monde appartient désormais aux
intellectuels et aux industriels, qui profitent de l’ouverture du pays. Avec la
restauration de Meiji (1868), les privilèges des anciens guerriers sont
supprimés et le port du sabre interdit. S’ensuit une période noire pour les
écoles anciennes de sabre et de ju-jutsu, désertées et souvent dédaignées.
Du ken-jutsu au kendo
Au
lendemain de la guerre sino-japonaise, le Japon renoue avec sa tradition
guerrière. L’État décide en 1895 la création de la Dai-Nippon-Butokukai
(Association des vertus martiales du Grand Japon), qui reprend une partie des
arguments pédagogiques avancés par Kano Jigoro, le fondateur du judo, sans pour
autant en partager l’idéal.
Un travail de synthèse s’engage alors, notamment autour du sabre, l’art martial
noble par excellence, mettant à contribution les maîtres de toutes les
anciennes écoles du Japon. La discipline qui en résulte est inscrite en 1911 au
programme scolaire, tandis que les dix kata (formes fixes) encore pratiqués
aujourd’hui sont définis en 1912.
Sous l’impulsion de Kano Jigoro, cette nouvelle synthèse est appelée kendo. Les
experts et pratiquants continuent cependant à parler de ken-jutsu jusqu’en 1926,
date à laquelle un discours du président de l’association, mettant en avant les
notions d’éducation physique et morale, officialise le terme de kendo.
Pour l'entraînement au katana, on utilise quatre
types de sabre d'entraînement :
-
le iaito,
réplique en métal, non tranchante, d'un katana; cette déclinaison
du sabre japonais est l'outil d'entraînement de prédilection des
pratiquants d' iaido.
-
le boken, sabre
en bois rigide ; c'est une arme en soi (le célèbre samouraï
Musashi Miyamoto a remporté son fameux duel contre Sasaki Kojiro
avec un bokken), il n'est de ce fait utilisé que pour les katas
(enchaînements conventionnels) ;
-
le shinaï,
formé par des lamelles de bambou maintenues par une gaine de cuir;
ce sabre permet de porter des frappes réelles sans danger,
moyennent des protections corporelles, et est utilisé par les
pratiquants du kendo.
-
le shinken ,
qui est un katana
authentique et aiguisé; il est utilisé principalement pour les
coupes, comme dans le batto-do et le tameshigiri, contre des
cibles constituées de tatami roulé. Les hauts gradés (5e dan ou plus) en ken-jutsu les utilisent pour
passer des examens, ou certains katas.
Le katana et le tachi
Sabre long dont la lame dépasse 60 cm. Il est souvent
difficile de différencier un tachi d'un katana tant ils se ressemblent. A
l'origine, le tachi était une arme portée sur une armure, le tranchant vers le
bas, tandis que le katana, généralement moins long et moins courbe, était porté
sur les vêtements, glissé dans la ceinture, tranchant vers le haut.
C'est en regardant les fixations du fourreau, indiquant
s'il doit être porté lame vers le haut ou vers le bas, que l'on parvient à les
différencier rapidement. Cependant, des Samouraïs, voulant garder leurs lames de
Tachi, les firent parfois monter sur des montures de Katana. De plus, les
cérémonies obligeant le port du tachi, plusieurs katanas furent ainsi fixés sur
des montures de tachi. Pour simplifier la classification, il fut décidé que
c'était la monture qui déterminait la nature de l'arme. Ainsi, une lame de
katana sur une monture de tachi forme un tachi, et inversement. Ces deux armes,
comme le wakizashi, étaient portées sur le côté gauche. Le tanto lui était
généralement dissimulé dans la veste de kimono au niveau de la ceinture.
Le Daïsho
Le Daïsho, littéralement "grand-petit", est constitué de
l'ensemble formé d'un Katana et d'un wakizashi dans des koshirae identiques. Il
pouvait seulement être porté par les Samurai , tandis que l'épée courte,le
wakizashi pouvait être porté par les négociants, les marchands et les artisans.
Ceci explique la plus grande valeur du Daïsho (katana ou tachi), et le grand
nombre de wakizashis trouvés de nos jours.
Après l' interdiction du port
d'armes en 1588, durant laquelle Toyotomi Hideyoshi récupéra toutes les armes
que possédaient les paysans, le port du Daïsho devint le privilège exclusif des
samouraïs, dont c'était un signe distinctif et une marque d'autorité. Ce droit
leur a été supprimé par l'arrêté impérial de 1876. L'annonce de la suppression
du droit séculaire de porter le Daisho provoqua des soulèvements de samouraïs
attachés à la tradition.
Saigo
Takamori, le commandant de la garde impériale puis général en chef de toutes les
armées du japon et ensuite maréchal démissionna de tous ses postes, sauf de
celui de général, pour protester contre l'abolition par le gouvernement du
statut de samouraï, et de son remplacement par une armée moderne de conscription.
Homme
de conviction doté d'une ténacité exemplaire, Saigo Takamori est souvent
présenté comme le dernier des Samouraïs. Il a connu la fin de cette caste
de guerriers et s'est opposé jusqu'au bout à sa disparition définitive. Blessé
par balle lors du dernier combat, il se suicida en se faisant assister par un de
ses fidèles.
Méthodes de
stratification de la lame
Une des choses qui rend l'épée
japonaise unique, est la
manière dont la lame est construite en stratifiant différents types d'acier
ensemble pour forger la lame. Ces techniques de stratification donnent à l'épée
sa force, longévité et résistance à la rupture. De nombreuses techniques
de stratification ont été essayées dans le passé, mais les méthodes principales
ont encore été utilisées pendant plusieurs siècles. Ces mêmes techniques sont
employées par les forgerons modernes. La valeur d'un katana est en partie
déterminée par la complexité de sa construction. Historiquement, les diverses
écoles des forgerons d'épée ont employé des méthodes spécifiques de
construction. Ces méthodes de stratification ont été déterminées par l'analyse
métallurgique de nombreuses lames antiques. Ces méthodes de stratification ainsi
que le durcissement différentiel de la lame pour donner un bord dur (hamon) tout
en maintenant une épine plus molle, font de l'épée japonaise une des épées les
plus résistantes, les plus durables, et les plus tranchantes connues.
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Petit lexique visuel du sabre japonais |
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Boshi - ligne de trempe de la pointe |
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Fuchi - collier |
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Ha - tranchant de la lame |
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Habaki - collier de lame |
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Hada - grain |
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Hamon - ligne de trempe |
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Ito - tressage en coton sur le tsuka |
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Ji - surface entre le shinogi et le hamon |
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Kashira - pommeau, embout de la poignée |
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Katana - sabre avec lame de plus que 24 pouces |
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Kissaki - pointe de la lame |
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Kojiri - extrémité du fourreau |
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Mekugi - cheville de bois qui fixe le tang dans le manche |
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Menuki - ornement |
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Mune - dos de la lame |
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Sageo - cordon en coton utilisée pour attacher le saya à l'obi |
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Same - peau de raie utilisée pour recouvrir le tsuka |
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Saya - fourreau |
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Shinogi - arête de la lame |
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Shinogi-ji - plat de la lame entre le mune et le shinogi |
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Seppa - rondelles ou entretoises de chaque côté du tsuba |
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Tanto - couteau avec lame de moins de 12 pouces |
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Tsuba - garde |
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Tsuka - poignée |
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Wakizashi - sabre court, avec lame de 12 à 24 pouces |
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Yokote - ligne entre le ji et le kissaki |
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Lexique
plus complet |
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