CONTES DE SAMOURAÏ

Katte, kabuto no o o shime yo! Après la victoire, serrez les cordes de vos casques. Cri de bataille Samouraï

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Les Samouraïs s'identifiaient à la beauté fragile et éphémère des fleurs du cerisier. La fleur de cerisier ne reste pas accrochée à l'arbre jusqu'à ce qu'elle se fane. Elle tombe dans tout l'éclat de sa beauté, de la même manière qu'un Samouraï imagine qu'il mourra au combat, à la fleur de l'âge.

Une forte volonté peut même percer la pierre. Il y a très longtemps, était un Samouraï et sa fiancée qui étaient profondément amoureux l’un de l’autre. Un jour, la jeune fille partit promener dans une forêt. Soudainement, un tigre l'attaqua et la blessa sévèrement. Le jeune Samourai ne put rien faire pour la sauver... et sa fiancée mourut.

Le jeune Samourai du fond de sa douleur jura de venger sa bien-aimée, en cherchant le tigre pour le tuer. Il prit son arc et ses flèches, et partit dans la forêt, pendant des mois, les jours, il appercut finalement un tigre sommeillant dans la forêt, et conclut que ce devait être le tigre responsable de la mort de sa bien aimée.

Le jeune Samouraï banda son arc, visa bien la cible et libéra la flèche qui trouva sa marque en perçant le corps du tigre profondément. Là encore, le Samouraï pris une autre flèche et tira pour confirmer la mort du tigre. Mais malheureusement, la flèche manqua la cible et se coinça profondément dans un rocher pour se rompre en deux parties !

Après cet évènement, les villageois furent impressionnés. Ils commencèrent à parler de sa force parce qu'il était capable de percer la pierre avec une flèche. Les villageois voulurent le tester et lui demandèrent de percer la pierre à nouveau. Cependant, malgré le nombre de fois qu'il essaya, il en fut incapable et les flèches rebondissaient sur le rocher.

Dans le passé, sa volonté était si profonde qu'il était effectivement en mesure de percer physiquement une pierre avec sa flèche. Cependant, maintenant dans des circonstances différentes, il fut incapable de répéter le même exploit.

Morale de l'histoire: une forte volonté peut accomplir des choses qui semblent impossibles.

L'art de combattre sans armes. L'histoire qui va vous être contée ci-dessous était chère à Bruce Lee. Il l'a d'ailleurs utilisé dans son film "Opération Dragon".

Le célèbre Maître Tsukahara Bokuden traversait le lac Biwa sur un radeau avec d'autres voyageurs. Parmi eux, il y avait un samouraï extrêmement prétentieux qui n'arrêtait pas de vanter ses exploits et sa grande maîtrise du sabre. A l'écouter, il était champion toutes catégories du Japon. C'est ce que semblaient croire tous les autres voyageurs qui l'écoutaient avec une admiration mêlée de crainte. Tous? pas vraiment, car Bokuden restait à l'écart et ne paraissait pas le moins du monde gober cet amas de sornettes. Le samouraï s'en aperçut et, vexé, il s'approcha de Bokuden pour lui dire :
- "Toi aussi tu portes une paire de sabres. Si tu es samouraï, pourquoi ne dis tu pas mots ?"
Bokuden répondit calmement :
-"Je ne suis pas concerné par tes propos. Mon art est bien différent du tien. Il consiste, non pas à vaincre les autres, mais à ne pas être vaincu."
Le samouraï se gratta le crâne et demanda :
-"Mais alors, quelle est ton école ?"
-"C'est l'art de combattre sans armes."
-"Mais dans ce cas, pourquoi portes tu des sabres ?"
-"Cela m'oblige à rester maître de moi pour ne pas répondre aux provocations. C'est là un défi de tous les jours."

Exaspéré le samouraï continua :
-"Et tu penses vraiment pouvoir combattre avec moi sans sabre?"
-"Pourquoi pas? il est même possible que je gagne!"

Hors de lui le samouraï cria au passeur de ramer vers le rivage le plus proche, mais Bokuden suggéra qu'il était préférable d'aller sur une île, loin de toute habitation, pour ne pas provoquer d'attroupement et être plus tranquille. Le samouraï accepta. Quand le radeau atteignit une île inhabitée, le samouraï sauta à terre et dégaina son sabre, prêt au combat.
Bokuden enleva soigneusement ses deux sabres, les tendit au passeur et s'élança pour sauter à terre, quand, soudain, il saisit la perche du batelier, puis dégagea rapidement le radeau pour le pousser dans le courant.
Bokuden se retourna vers le samouraï qui gesticulait dans tous les sens sur l'île déserte et il lui cria :
-"Tu vois, c'est cela l'art de combattre sans arme !"

Le mental doit primer sur la technique. Un jour un célèbre maître de sabre Tsukahara Bokuden voulut mettre ses fils à l'épreuve. Pour commencer, il fit appeler Hikoshiro, l'aîné des trois. En ouvrant la porte du coude, celui-ci la trouva plus lourde qu'à l'accoutumée et, en passant la main sur la tranche supérieure de la porte, constata qu'on avait disposé, en équilibre, un lourd appui-tête en bois. Il l'enleva, entra puis le remis exactement comme il avait trouvé.

Bokuden fit alors venir son fils cadet, Hikogoro. Quand celui-ci poussa la porte, l'appui-tête tomba mais il le rattrapa en vol et le remit à sa place.

Bokuden fit enfin appeler son benjamin Hikoroku,  le meilleur, et de loin, au maniement du sabre. Le jeune homme poussa puissamment la porte et l'appui-tête tomba, heurtant son chignon. En un éclair, il dégaina le sabre court qu'il portait à la ceinture et trancha l'objet avant qu'il ne touchât le tatami.

À ses trois fils, Bokuden déclara: -"C'est toi Hikoshiro, qui transmettra notre méthode de maniement du sabre. Toi, Hikogoro, en t'entraînant ardemment, peut-être égaleras-tu, un jour, ton frère. Quand a toi, Hikoroku, tu conduiras certainement un jour notre école à sa perte et attireras l'opprobre sur ton patronyme. Je ne peux pas donc m'offrir le luxe de garder un individu aussi imprudent dans mes rangs ». Sur ces vertes paroles il le désavoua. Cela illustre parfaitement l'importance accrue des facultés mentales sur les facultés techniques.

Le destin. Un Samouraï japonais décida d'attaquer son ennemi même si son armée était en situation d’infériorité. Son ennemi était très puissant. Ses hommes furent donc remplis de doute. Mais le Samouraï était sûr de gagner la bataille

Sur le chemin de la bataille, le Samouraï arrêta dans un temple pour prier. Après la prière, il dit à ses hommes qu'il allait tirer au sort avec une pièce de monnaie: Si c'est face nous allons gagner, et si c’est pile nous perdront.

Il lança la pièce qui retomba du côté face! Les soldats étaient fous de joie.

Ils attaquèrent l'ennemi farouchement et gagnèrent la bataille.

Après la bataille, le Roi dit; personne ne peut changer le destin, nous avons donc gagné avec une armée plus petite.

Tout à fait vrai, répondit le Samouraï qui montra sa pièce de monnaie qui avait deux côtés face …

Le moine et le Samourai. Un jeune moine se rendait en ville, porteur d’un pli important à remettre en mains propres à son destinataire. Il arrive aux abords de la ville et, pour y pénétrer, doit traverser un pont. Sur ce pont se tenait un Samouraï expert dans l’art du sabre et qui, pour prouver sa force et son invincibilité, avait fait le voeu de provoquer en duel les 100 premiers hommes qui traverseraient ce pont. Il en avait déjà tué 99. Le petit moine était le centième. Le Samouraï lui lança donc un défi. Le moine le supplia de le laisser passer car le pli qu’il portait était d’une grande importance.

"Je vous promets de revenir me battre avec vous une fois ma mission accomplie."

Le Samouraï accepta, et le jeune moine alla porter sa lettre. Mais avant de retourner sur le pont, il se rendit chez son Maître pour lui faire ses adieux, certain qu’il était perdu.

" Je dois aller me battre avec un grand Samouraï, lui dit-il, c’est un champion de sabre et moi je n’ai jamais touché une arme de ma vie. Je vais donc être tué..."

"En effet, lui répondit son Maître, tu vas mourir car il n’y a pour toi aucune chance de victoire, tu n’as donc plus besoin d’avoir peur de la mort. Mais je vais t’enseigner la meilleure façon de mourir : tu brandiras ton sabre au dessus de ta tête, les yeux fermés, et tu attendras. Lorsque tu sentiras un froid sur le sommet de ton crâne, ce sera la mort. A ce moment seulement, tu abattras les bras. C’est tout..."

Le petit moine salua son Maître et se dirigea vers le pont où l’attendait le Samouraï. Ce dernier le remercia d’avoir tenu parole et le pria de se mettre en garde. Le duel commença. Le moine fit ce que son Maître lui avait recommandé. Tenant son sabre à deux mains, il le leva au dessus de sa tête et attendit sans bouger. Cette attitude surprit le Samouraï car la posture qu’avait prise son adversaire ne reflétait ni la peur ni la crainte. Méfiant, il avança prudemment. Impassible, le petit moine était concentré uniquement sur le sommet de son crâne.

Le Samouraï se dit : "Cet homme est sûrement très fort, il a eu le courage de revenir se battre avec moi, ce n’est certainement pas un amateur."

Le moine toujours absorbé, ne prêtait aucune attention aux mouvements de va-et-vient de son adversaire. Ce dernier commença à avoir peur : "C’est sans aucun doute un très grand guerrier, pensa-t-il, seuls les maîtres de sabre prennent dès le début d’un combat une position d’attaque. Et en plus, lui, il ferme les yeux."

Et le jeune moine attendait toujours le moment où il ressentirait ce fameux froid au sommet de sa tête. Pendant ce temps le Samouraï était complètement désemparé, il n’osait plus attaquer, certain au moindre geste de sa part d’être coupé en deux. Et le jeune moine avait complètement oublié le Samouraï, attentif uniquement à bien appliquer les conseils de son Maître, à mourir dignement.

Ce furent les cris et les gémissements du Samouraï qui le ramenèrent à la réalité : "Ne me tuez pas, ayez pitié de moi, je croyais être le roi du sabre, mais je n’avais jamais rencontré un Maître tel que vous. S’il vous plaît, s’il vous plaît, acceptez moi comme disciple, enseignez moi vraiment la Voie du sabre..."

Les portes de l'enfer et du paradis. Un Samouraï se présenta devant le maître Zen Hakuin et lui demanda :
" Y a t-il réellement un paradis et un enfer ."
" Qui es tu ?" demanda le maître
"Je suis un Samouraï …"
"Toi, un guerrier ! s'exclama Hakuin. Mais regarde-toi. Quel seigneur voudrait t'avoir à son service ? Tu as l'air d'un mendiant."

La colère s'empara du Samouraï. Il saisit son sabre et le dégaina. Hakuin poursuivit :
" Ah bon, tu as même un sabre ! Mais tu es sûrement trop maladroit pour me couper la tête."
Hors de lui, le Samouraï leva son sabre, prêt à frapper le maître. A ce moment celui-ci dit :
" Ici s'ouvrent les portes de l'enfer."
Surpris par la tranquille assurance du moine, le Samouraï rengaina et s'inclina.
" Ici s'ouvrent les portes du paradis. ", lui dit alors le maître.