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Funakoshi
Yoshitaka |
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1907-1945 |
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Le fils successeur
Funakoshi eut trois
fils et une fille. Le plus jeune, Yoshitaka s'était
installé au Japon avec son père, alors que sa mère et les autres
enfants sont toujours restés à Okinawa. Après l’ouverture du
Shōtōkan en 1936, Gigo devint son premier assistant. Funakoshi
père était alors appelé
le vieux Maître, et Gigo le jeune Maître. Ils avaient une
vision très différente de l’entraînement. Funakoshi
père basera principalement son enseignement sur la pratique exclusive des katas, et de ses
applications, le bunkai, il s’opposera toujours au combat
libre et à toute forme compétitive. Son fils
préférait la compétition et voulait un Karate avec un esprit
semblable à celui qu’on trouvait en Kendō ou en Ju-dō.
Avec du recul, on peut supposer que Funakoshi père enseigna en
privé à son fils la partie guerrière du Shuri-te d'Azato et de
Matsumura. Le style de Gigo était très proche de celle trouvée
dans le style de sabre Jigen-ryu pratiqué par Matsumura et
Azato. Ces deux Maîtres sont décédés respectivement en 1896 et
1906...
Taiji Kase nous raconte sa rencontre avec le
fils de Gichin; Quand j'ai
commencé la pratique du Karate, nos seniors nous ont
expliqué que Sensei Funakoshi Gichin fut le pionnier
du Karate. Mais ils nous ont dit également que la
grande évolution, révolution et développement de
celui-ci fut réalisée par son fils Yoshitaka. Il fit
un Karate plus rapide, plus fort, plus dynamique. Le Sensei Yoshitaka cherchait la réalité, l'efficacité,
si réellement les techniques fonctionnaient contre les
attaques. Mais l'important à comprendre c'est que la
grande évolution, du Karate que le Sensei Funakoshi
Gichin amena d'Okinawa, jusqu'au Karate que faisait le Sensei Yoshitaka, fut possible grâce au concept de
O-Waza (technique de longue distance) avec le maximum
de puissance et de vitesse.
Instructeur
du dōjō
Shōtōkan
entre 1938 et 1945, Yoshitaka met en place le système de grades
inspiré du Ju-dō et fondé sur les Kyus et les Dans. Il délègue
également l'enseignement universitaire à l'élève le plus ancien de
chaque groupe d'étude.
Il développe
le combat libre selon plusieurs critères techniques et
stratégiques afin d'en améliorer l'efficacité À la vitesse
d'exécution, à l'agilité des mouvements, Yoshitaka
introduisit des positions de plus en plus basses, des attaques
plus longues et puissantes. De plus, il modifia les positions,
mais aussi l'amplitude des mouvements..
À l'époque où il prit la responsabilité du dōjō Shōtōkan,
Yoshitaka devient aux prix d'efforts
incroyables, un expert dans son art martial. Cependant, sa jeunesse lui
font apporter des modifications que son père
n'apprécie pas toujours. Il prône les techniques plus puissantes
et dynamiques ainsi que le combat souple, le kumite, littéralement mains (te) qui se
rencontrent (kumi).Il reprend ainsi l'idée émise par Otsuka quelques dix ans
auparavant pour introduire le kumite dans la pratique. Le
ippon kumite s'est développé vers le jyu ippon kumite puis le jyu kumite.
Sous l'impulsion de
plusieurs élèves, dont Nakayama, Yoshitaka décide
d'inclure l'exercice du combat libre dans son enseignement, ainsi
que plusieurs nouveaux coups de pieds tels le yoko-geri, le mawashi geri et le ushiro geri.Par
rapport au style ancien, les positions devirent plus basses et
plus fendues, presque écrasées au sol, les attaques plus longues
et plus puissantes avec le concept de chi-mei. Le chi-mei est un
principe que l'on retrouve dans plusieurs martiaux; il s'agit
d'être capable de donner la mort en un seul coup (Ikken-hissatsu)
avec ou sans arme.
À cette époque le Karate était uniquement un budō, ce n'est
que plus tard qu'il dérivera vers un concept plus sportif. Il
existait bien à cette époque une forme du shiai, le
kokan-geiko, qui était l'ancêtre de la compétition actuelle.
Le kokan-geiko (entraînement d'échanges courtois) était une
rencontre entre équipes de dojos rivaux, une habitude fréquente
avant 1940. Ces échanges courtois dégénéraient régulièrement
en confrontations acharnées et hors contrôle.
La puissance
physique de Yoshitaka était exceptionnelle. Des anecdotes racontent qu'il
cassait souvent en deux les makiwaras. Son style très personnel est celui
que plusieurs karatékas adopteront plus tard.
Voici d'ailleurs un autre témoignage de Kase Taiji au sujet sa
première rencontre avec Yoshitaka;
C'était en 1944. Les classes pour débutants étaient généralement
données par le Sensei Hironishi. Mais un jour, un autre Sensei donna la classe, je ne le connaissais pas
et ne savais pas qui il était et quand j'ai demandé on
m'a dit qu'il s'agissait de Waka Sensei (le jeune
Sensei), le fils de Funakoshi Gichin. Pendant cette
classe, Yoshitaka nous a enseigné comment faire
Mae-Geri lentement et sans baisser la
jambe jusque par
terre, comment faire Yoko-Geri et sans rentrer
Yoko-Geri comment enchaîner avec Mawashi-Geri. Ensuite il nous
dit: "je vais maintenant vous montrer comment nous le
faisons habituellement" et il fit les trois coups de
pied si rapidement et si puissamment que je me
souviens encore d'avoir vu la lumière blanche du
pantalon de son karategi et entendu un bruit sec
comme celui d'un fouet. Nous en sommes tous restés
très impressionnés. Quand nos Seniors nous enseignaient les
Katas, ils nous racontaient que lorsque
Funakoshi Yoshitaka démontrait un kata, ceux qui le voyaient
percevaient une sensation spéciale, la terrible
impression d'un danger imminent. Et ils nous disaient
que c'était comme ça qu'il faillait faire les katas de
telle sorte que ceux qui les observent perçoivent et
remarquent quelque chose, sentent la vibration de
notre force intérieure et de notre détermination. Si
ceux qui nous observent ne sentent rien, c'est que le
kata n'est pas bien fait, c'est un kata du type
"gymnastique ou danse".
À partir de
1940, l'entraînement était devenu extrêmement difficile au Shōtōkan. Yoshitaka était
maintenant chef instructeur assisté d' Hironishi, Uemura et
Hyashi. Le contexte de la seconde Guerre Mondiale ne
favorisait guère les recherches spirituelles. Un certain nombre de
dojos servaient à l'entraînement des kamikazes
et certains officiers et responsables de la redoutable Kempetai,
équivalent de la gestapo. Murakami
Tetsuji et Kase Taiji
ont d'ailleurs commencé à pratiquer le karate dans ce
contexte guerrier de 1944-1945...
Funakoshi Gichin rentre en conflit avec son fils car il n'est plus
du tout d'accord avec la tournure que prend le Karate. Dès
1945, à l'âge de 77 ans, il décide de retourner à Okinawa et
rejoindre ainsi sa femme, laissant à son fils le
dōjō
Shōtōkan du quartier de Meijuro à Tōkyō.
En 1945, peu après la
fin de la guerre, suite aux privations sa
santé se dégrade, Sensei Yoshitaka est hospitalisé et meurt
finalement de la tuberculose.
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